Dina Nayeri 2016

En collaboration avec Passa Porta

Au-delà des discussions de comptoir, sommes-nous vraiment capables d’imaginer ce que cela signifie, être un réfugié ? Dina Nayeri et Behrouz Boochani nous parlent de leur expérience personnelle et de celle de leurs compagnons d’infortune.

Dina Nayeri : mon bonheur est entre mes propres mains

En 1988, à l’âge de huit ans, Dina Nayeri doit fuir l’Iran avec sa mère et son frère. La raison : sa mère s’est convertie au christianisme, ce qui peut lui coûter la vie. La famille se retrouve alors dans un hôtel italien délabré transformé en camp de réfugiés. Elle reçoit finalement l’asile en Amérique tandis que le père reste en Iran. Aux États-Unis, Nayeri étudie à Princeton et Harvard, travaille pour une grande entreprise de consultance et devient une écrivaine à succès.

recommencer à zéro

Dans son œuvre de non-fiction, le reportage littéraire The Ungrateful Refugee, Nayeri combine sa propre histoire à celle de ses compagnons d’infortune. Au fil de questions surprenantes et même provocantes, elle va à l’essentiel : c’est quoi, être réfugié ? Nayeri raconte de vraies histoires humaines et ce que signifie vraiment devoir quitter sa maison, traverser des frontières et recommencer à zéro.

Behrouz Boochani : dénoncer le sort des réfugiés

Behrouz Boochani participera à la soirée via Skype, et pour cause : le journaliste irano-kurde est bloqué depuis 2013 sur Manus, une île de Papouasie-Nouvelle-Guinée où l’Australie a rassemblé bon nombre de ses réfugiés. Malgré la fermeture du centre de détention de l’île en 2017, Boochani ne peut quitter l’île car il ne dispose pas de permis de voyage.

Durant son séjour là-bas, Boochani a témoigné de sa vie dans le centre de détention via What’s App pour attirer l’attention de l’extérieur sur des situations intolérables. Il est entré en contact avec des journaux et des organisations tels que The Guardian, The Sydney Morning Herald, le Refugee Action Collective et les Nations Unies.

no friend but the mountains: writing from manus prison

En 2018, Boochani a publié ses mémoires. No Friend But the Mountains: Writing from Manus Prison dresse un portrait vivace de cinq années d’enfermement et d’exil. Un témoignage touchant, un acte de survie. Boochani a écrit son livre en prison sur Whatsapp de peur que son travail soit confisqué.

Début 2019, il a remporté un prestigieux prix littéraire australien, le Victorian Premier’s Literary Award, tant dans la catégorie fiction que non-fiction. « Une œuvre artistique stupéfiante et une approche critique qui ne se laisse pas décrire facilement… un triomphe littéraire, ravageur et transcendant », a précisé le jury.

Cet événement se déroulera en anglais.